{"id":4211,"date":"2026-09-14T16:26:08","date_gmt":"2026-09-14T15:26:08","guid":{"rendered":"https:\/\/pressmedias.ma\/?p=4211"},"modified":"2026-09-14T16:26:08","modified_gmt":"2026-09-14T15:26:08","slug":"entretien-avec-nabil-zaari-chef-de-la-troupe-abidat-rma-zaari","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/pressmedias.ma\/?p=4211","title":{"rendered":"Entretien avec Nabil Zaari, chef de la troupe Abidat Rma Zaari"},"content":{"rendered":"<p>Fond\u00e9 en 2009, le Groupe Zaari des Abidat Rma perp\u00e9tue un art populaire profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans le patrimoine de la r\u00e9gion des Beni Moussa et des Beni Amir. Entre traditions ancestrales, th\u00e9matiques sociales contemporaines et recherche de nouvelles formes d\u2019expression, \u00a0la troupe entend pr\u00e9server l\u2019authenticit\u00e9 de cet h\u00e9ritage tout en l\u2019adaptant aux \u00e9volutions de la soci\u00e9t\u00e9. Dans cet entretien, <strong>Nabil Zaari<\/strong>, chef \u00a0du groupe, revient sur son histoire, son r\u00e9pertoire, les particularit\u00e9s des styles qu\u2019il pratique, mais aussi sur les difficult\u00e9s auxquelles les troupes artistiques sont confront\u00e9es, notamment en mati\u00e8re de soutien.<\/p>\n<p><strong>ALM\u00a0:<\/strong><strong>le Groupe Zaari des Abidat Rma a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 2009. Comment cette aventure a-t-elle commenc\u00e9 <\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nabil Zaari :<\/strong> Le groupe a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 2009. Depuis sa cr\u00e9ation, nous avons veill\u00e9 \u00e0 maintenir une certaine continuit\u00e9. Les anciens membre du groupe , y compris ceux qui ont aujourd\u2019hui atteint un \u00e2ge avanc\u00e9, continuent \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sents parmi nous. Cette continuit\u00e9 constitue pour nous une v\u00e9ritable richesse et t\u00e9moigne de notre attachement \u00e0 cet art.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les principaux genres et th\u00e8mes que vous abordez dans vos chansons ?<\/strong><\/p>\n<p>Notre r\u00e9pertoire est assez vari\u00e9. Nous abordons notamment des th\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la bravoure, \u00e0 la spiritualit\u00e9 et aux diff\u00e9rentes questions de soci\u00e9t\u00e9. Nous avons, par exemple, consacr\u00e9 un travail \u00e0 la question des \u00e9lections. Nous nous int\u00e9ressons \u00e9galement aux traditions et aux pratiques qui constituent une partie importante de notre patrimoine culturel. La tbourida , le labour\u00a0; la bravoure\u2026sont des th\u00e8mes qui occupent une place importante dans notre culture et notre patrimoine. Mais nous ne nous limitons pas aux sujets traditionnels. Nous abordons \u00e9galement des probl\u00e9matiques contemporaines, comme l\u2019immigration clandestine, commun\u00e9ment appel\u00e9e \u00ab Hrig\u2026<\/p>\n<p><strong>Quels sont les styles artistiques des Rma dans votre r\u00e9gion, notamment chez les Beni Moussa ? Existe-t-il un v\u00e9ritable engouement pour cet art?<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes originaires de la r\u00e9gion des Beni Moussa et nous pratiquons leur style. Mais nous ma\u00eetrisons \u00e9galement le style \u00ab Amiri \u00bb, propre aux Beni Amir.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence entre les deux styles \u00a0r\u00e9side essentiellement dans les instruments utilis\u00e9s et dans le rythme. Chez les Beni Moussa, on utilise notamment des instruments en terre cuite, tandis que dans le style d\u2019Oued Zem, on retrouve davantage des instruments en bois, comme la Taarija.<\/p>\n<p>Nous ma\u00eetrisons les deux styles. Le rythme \u00ab Amiri \u00bb est g\u00e9n\u00e9ralement plus pos\u00e9 et plus calme, alors que le style des Beni Moussa se distingue par un rythme plus \u00e9nergique et davantage dansant.<\/p>\n<p><strong>Quels sont les principaux instruments que vous utilisez ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous utilisons principalement la Taarija, le Bendir ainsi que lamkasse, c\u2019est-\u00e0-dire les ciseaux.<\/p>\n<p><strong>Et qui \u00e9crit les paroles de vos chansons ?<\/strong><\/p>\n<p>Nous \u00e9crivons nous-m\u00eames une partie de nos textes. Et \u00a0nous reprenons \u00e9galement certains chants populaires connus dans la soci\u00e9t\u00e9, que nous adaptons ensuite \u00e0 notre propre style. Nous pouvons, par exemple, nous inspirer de th\u00e8mes qui \u00e9taient autrefois interpr\u00e9t\u00e9s par feu El Bachir de Benslimane, tout en leur apportant notre propre touche et notre propre mani\u00e8re de les pr\u00e9senter.<\/p>\n<p><strong>L\u2019objectif est donc de pr\u00e9server le patrimoine tout en lui apportant une dimension nouvelle ?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, c\u2019est indispensable. Si nous ne faisons pas preuve d\u2019innovation, notre contenu risque de devenir r\u00e9p\u00e9titif et de rester fig\u00e9 dans le pass\u00e9. Il est donc n\u00e9cessaire de faire \u00e9voluer notre art, aussi bien sur le plan musical que dans les costumes et les tenues traditionnelles. La pr\u00e9servation du patrimoine ne signifie pas qu\u2019il faut rester immobile. Au contraire, nous devons trouver un \u00e9quilibre entre la sauvegarde de notre identit\u00e9 et l\u2019innovation.<\/p>\n<p><strong>Quels sont aujourd\u2019hui les principaux probl\u00e8mes auxquels votre groupe est confront\u00e9, notamment en mati\u00e8re de soutien et de subventions ?<\/strong><\/p>\n<p>Malheureusement, nous ne b\u00e9n\u00e9ficions d\u2019aucune aide. Nous repr\u00e9sentons notre ville dans de nombreux festivals nationaux et nous contribuons \u00e0 faire conna\u00eetre notre patrimoine \u00e0 travers diff\u00e9rentes manifestations. Pourtant, nous ne b\u00e9n\u00e9ficions pas d\u2019un soutien r\u00e9el de la part des responsables locaux. Et cette situation ne concerne pas uniquement notre groupe. De nombreuses troupes artistiques vous feront le m\u00eame constat : le soutien demeure insuffisant, aussi bien au niveau du minist\u00e8re de tutelle que des responsables locaux.<\/p>\n<p>Nous demandons simplement davantage d\u2019encouragement, de soutien et de reconnaissance. On nous sollicite parfois pour participer \u00e0 des \u00e9liminatoires ou \u00e0 diff\u00e9rentes manifestations, sans pour autant nous donner les moyens financiers n\u00e9cessaires pour nous pr\u00e9parer et assurer nos d\u00e9placements.<\/p>\n<p>Nous souhaitons que les troupes qui \u0153uvrent \u00e0 la pr\u00e9servation du patrimoine b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un accompagnement \u00e0 la hauteur de leur r\u00f4le culturel.<\/p>\n<p><strong>Souhaitez-vous aujourd\u2019hui franchir les fronti\u00e8res et faire conna\u00eetre votre art \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est justement ce que nous souhaitons. Nous aimerions pouvoir voyager \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et repr\u00e9senter notre ville ainsi que notre patrimoine au-del\u00e0 des fronti\u00e8res. Mais cela n\u00e9cessite des moyens financiers et un accompagnement professionnel.<\/p>\n<p><strong>Propos recueillis par SAID FRIX ALM<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fond\u00e9 en 2009, le Groupe Zaari des Abidat Rma perp\u00e9tue un art populaire profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans le patrimoine de la r\u00e9gion des Beni Moussa et des Beni Amir. 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