La Tbourida marocaine : histoire et patrimoine renouvelé » rend hommage au regretté Cheikh Mohammed Ben Aouni
La Ligue nationale des maîtres des troupes de Tbourida, en coordination avec le Laboratoire du récit et des formes culturelles « Littérature, Langue et Société », se penche sur le thème « La Tbourida marocaine : histoire et patrimoine renouvelé » et rend hommage au regretté Cheikh Mohammed Ben Aouni
Dans le cadre de la préservation du patrimoine culturel immatériel marocain et du renforcement de la sensibilisation à l’importance de la sauvegarde des composantes du patrimoine national, la Ligue nationale des maîtres des troupes de Tbourida, en partenariat avec le Conseil communal de Had Boumoussa et en coordination avec le Laboratoire du récit et des formes culturelles : Littérature, Langue et Société de l’Université Sultan Moulay Slimane, a organisé une rencontre scientifique et culturelle sous le thème « La Tbourida marocaine : histoire et patrimoine renouvelé », dédiée à la mémoire du regretté Cheikh Mohammed Ben Aouni, l’une des figures emblématiques et des grands maîtres de la Tbourida marocaine, qui a largement contribué à la préservation et à la transmission de cet art équestre ancestral aux générations successives.
Cette manifestation, accueillie par la commune de Had Boumoussa, dans la province de Fquih Ben Salah, a réuni de nombreux responsables locaux, acteurs culturels et universitaires, maîtres de Tbourida, cavaliers, éleveurs de chevaux, chercheurs et passionnés du patrimoine marocain.
La séance inaugurale a été marquée par plusieurs allocutions soulignant l’importance de la Tbourida en tant que composante majeure de l’identité culturelle marocaine et symbole de la mémoire collective nationale. Les intervenants ont également rendu hommage au parcours remarquable du regretté Cheikh Mohammed Ben Aouni et à ses précieuses contributions au service de cet héritage équestre. Ont notamment pris part à cette rencontre le président du Conseil communal de Had Boumoussa, le chef du cercle de Beni Moussa Ouest, le caïd de la circonscription de Had Boumoussa, les membres de la Ligue nationale des maîtres des troupes de Tbourida, plusieurs maîtres de « sorbas », cavaliers, éleveurs de chevaux, ainsi que des acteurs associatifs et des personnalités intéressées par les questions culturelles et patrimoniales.
Les travaux ont été enrichis par une série de communications scientifiques abordant la Tbourida sous des angles historiques, culturels, sociaux et patrimoniaux. Le professeur Abdelrahmane Ghanmi, directeur du Laboratoire du récit et des formes culturelles : Littérature, Langue et Société à l’Université Sultan Moulay Slimane, a mis en lumière la place de la Tbourida dans le système culturel marocain, soulignant qu’elle constitue bien plus qu’une pratique spectaculaire puisqu’elle incarne un véritable ensemble culturel porteur des valeurs de chevalerie, de bravoure, d’appartenance et de mémoire collective. Il a également insisté sur l’importance de la recherche scientifique dans la documentation et la préservation de ce patrimoine face aux mutations contemporaines.
De son côté, le professeur universitaire et expert environnemental Mohammed Ftouhi a mis l’accent sur les liens entre la Tbourida et l’environnement local, mettant en avant la place du cheval dans l’écosystème social et culturel marocain. Il a plaidé pour une attention accrue portée aux chevaux et à la préservation des races authentiques, considérées comme un élément essentiel du patrimoine civilisationnel du Royaume.

Le chercheur en patrimoine régional Mustapha Abou El Kheir a proposé une lecture historique des origines et de l’évolution de la Tbourida, mettant en exergue son lien étroit avec l’histoire des tribus marocaines, la « Mhalla » sultanienne et les traditions équestres qui ont constitué l’un des piliers de l’organisation militaire et sociale du Maroc à travers les siècles.
Soufiane Bouchrak, secrétaire général de la Ligue nationale des maîtres des troupes de Tbourida et membre de l’équipe académique des doctorants du Laboratoire du récit et des formes culturelles, a analysé les dimensions symboliques et culturelles de la Tbourida ainsi que son rôle dans la préservation de la mémoire collective des communautés locales. Il a également présenté les efforts déployés par la Ligue pour promouvoir et sauvegarder cet héritage à l’échelle nationale et internationale.
Loubna Ennoussi, membre de l’équipe académique des doctorants du laboratoire, a insisté sur l’importance de l’approche culturelle dans l’étude du patrimoine immatériel, estimant que la Tbourida constitue un champ de recherche particulièrement riche en raison de la diversité de ses symboles et de ses significations sociales et culturelles.
Les doctorants Majda Chaddkal, Abdelkrim Fadouli et Radia Mechfoud ont également contribué aux débats à travers des communications portant sur le patrimoine culturel immatériel, la symbolique de la Tbourida et son rôle dans la préservation de l’identité locale et le renforcement du sentiment d’appartenance culturelle.
L’un des temps forts de cette rencontre a été l’hommage rendu à la famille du regretté Cheikh Mohammed Ben Aouni, en reconnaissance de ses contributions remarquables à la préservation de la Tbourida marocaine et de son parcours consacré à la promotion de l’art équestre traditionnel. À cette occasion, le professeur Abdelrahmane Ghanmi a été distingué pour son apport scientifique et culturel et pour son engagement constant au service du patrimoine marocain, couronné par l’attribution du titre d’« Ambassadeur du patrimoine et de la culture marocains ». Le professeur Mohammed Ftouhi a également été honoré en reconnaissance de son parcours académique et scientifique ainsi que de sa contribution au rayonnement culturel et intellectuel de sa région.
Au terme des travaux, les participants ont unanimement souligné que la Tbourida marocaine constitue un patrimoine national authentique, reflétant la richesse et la profondeur de l’identité marocaine et de ses multiples affluents civilisationnels. Ils ont recommandé d’encourager la recherche académique consacrée à la Tbourida, de documenter la mémoire orale liée aux maîtres de Tbourida et aux cavaliers, de soutenir les initiatives visant à préserver le patrimoine culturel immatériel, de renforcer les partenariats entre les institutions académiques et les associations culturelles spécialisées dans le patrimoine, ainsi que de valoriser le rôle des cavaliers et des éleveurs de chevaux dans la sauvegarde de cet héritage civilisationnel.
À l’issue des travaux, les participants ont insisté sur la nécessité de pérenniser ce type de rencontres scientifiques et culturelles, qui contribuent à promouvoir la Tbourida marocaine en tant que composante essentielle de la culture nationale et levier du développement culturel, tout en participant à la préservation de la mémoire collective de la société marocaine.
