En présence d’un parterre d’opérateurs socioéconomiques et professionnels , à la chambre de commerce d’industrie et de services à Beni Mellal, il a été procédé, lundi 20 avril 2026, à la présentation d’un grand nombre d’ateliers qui s’assignent pour objectif de présenter les avantages accordés dans le cadre de la grande zone arabe de libre-échange. En partenariat avec le ministère de Commerce et d’industrie et la chambre de commerce précitée , cette rencontre économique a été organisée par la ligue des Etats arabes ( département de l’intégration économique ).
Dans son mot inaugural Khalid Mansori , président de la CCIS de Beni Mellal khénifra a souligné que la chambre de Commerce, d’Industrie et de Services joue un rôle pivot dans le soutien et l’accompagnement des entreprises exportatrices, agissant comme un trait d’union essentiel entre les acteurs économiques et les écosystèmes commercial, local, régional, national et international. Son rôle ne se limite pas aux services administratifs, mais s’étend à l’encadrement stratégique, au renforcement des capacités** et à la création d’un environnement favorable à l’accès aux marchés extérieurs, en parfaite synergie avec les partenaires institutionnels.
Concernant les accords commerciaux , M Mansori a noté que la question des accords commerciaux arabes revêt une importance majeure, en particulier le projet de soutien à la mise à niveau du système d’intégration économique arabe pour activer la grande Zone Arabe de Libre-Échange (GZALE). La région de Beni Mellal-Khénifra possède d’immenses atouts agricoles et industriels, notamment son Agropole, ce qui lui permet d’accéder aux marchés arabes avec des produits de haute qualité tels que les olives, les grenades, les agrumes et le safran. Et de conclure « Nous estimons qu’il est désormais impératif d’œuvrer pour « accélérer la création d’un port sec » dans la région afin de faciliter le mouvement commercial et de surmonter les défis logistiques et douaniers »
Pour sa part , Abdelkrim Samih , responsable de la grande zone de libre-échange , secrétariat général de la Ligue des Etats arabes a fait savoir que la région arabe actuellement fait face à des défis économiques qu’il faut relever , ce qui exige une unification des efforts « Ce projet vise à soutenir le rôle des chambres de commerce et du secteur privé, considérés comme des partenaires essentiels pour dynamiser le commerce intra-arabe . Cet atelier se tient à un moment crucial, alors que la région arabe fait face à des défis économiques rapides et à des tensions géopolitiques multidimensionnelles qui impactent les économies nationales. Cela exige de notre part une unification des efforts pour maximiser les bénéfices des cadres d’intégration existants, et même soutenir leur développement, au premier rang desquels se trouve la GZALE, pilier fondamental de la coopération économique arabe.

Le responsable a par la suite mis en exergue l’objectif des ateliers susmentionnés « L’objectif central de l’organisation de ces ateliers dans les pays membres de la GZALE est de créer un espace de dialogue constructif et d’échange d’expertises. Il s’agit de favoriser une compréhension approfondie des mécanismes de mise en œuvre pratique de l’accord et de tirer profit des avantages offerts, lesquels peuvent être méconnus par certaines entités, afin d’optimiser leur exploitation aux niveaux national et régional. Dans ce cadre, le Secrétariat général de la Ligue des États arabes a organisé plusieurs ateliers au Royaume du Maroc, notamment à Fès, Marrakech et Tanger. Aujourd’hui, nous sommes à Beni Mellal, et nous serons, si Dieu le veut, à Agadir après-demain . Des ateliers similaires ont également eu lieu en Algérie et au Sultanat d’Oman, répondant à une demande croissante pour renforcer l’exploitation de la zone de libre-échange.
Selon M Samih , l’intégration économique arabe ne se limite pas aux accords commerciaux et aux cadres institutionnels ; elle dépend avant tout de la conscience et de la capacité des institutions du secteur privé, notamment les chambres de commerce, à utiliser efficacement ces outils .C’est pourquoi cet atelier servira de plateforme pour examiner tous les aspects de la GZALE, ses piliers, ses évolutions récentes, ainsi que les avantages concrets pour le secteur privé .
Concernant la complexité du contexte international actuel qui impacte l’écosystème économique arabe ,M Samih a fait savoir que « Nous évoluons aujourd’hui dans un contexte international complexe, marqué par des fluctuations politiques et des perturbations des chaînes d’approvisionnement. Les récents événements au Moyen-Orient ont entraîné une hausse des coûts du fret maritime, dépassant parfois les 200 % par rapport aux niveaux d’avant-crise . Ces tensions affectent les couloirs maritimes stratégiques où transitent environ 12 % du commerce mondial . Malgré nos ambitions, le commerce intra-arabe ne dépasse pas 11 % du total des échanges dans les meilleures conditions, contre des taux bien plus élevés dans l’Union européenne ou l’ASEAN . Le volume annuel de 700 milliards de dollars reste limité au regard de nos potentialités collectives. » a-t-il conclu.
Notons que la région de Beni Mellal-Khénifra dispose d’atouts prometteurs dans l’industrie, l’agriculture et les services, favorisant son intégration sur les marchés arabes . Le Maroc, à travers le ministère de l’Industrie et du Commerce et le Secrétariat d’État au Commerce Extérieur, continue de perfectionner le cadre juridique de la GZALE, notamment sur la facilitation des échanges, les règles d’origine et le règlement des différends .
SAID FRIX ALM
