Le Procureur du Roi près le tribunal de première instance de Béni Mellal, M. Mustapha Hibi, a présidé, mardi 17 février 2026 ,une rencontre de communication organisée à l’occasion de la Journée nationale de la sécurité routière, sous le thème « La sécurité routière entre approche répressive et conscience sociétale ». Cette rencontre a été consacrée à l’examen approfondi de la problématique des accidents de la circulation, considérés comme un fléau mondial qui continue de décimer de nombreuses vies humaines et d’occasionner d’importantes pertes sociales et économiques.
Dans son intervention, le Procureur du Roi a souligné que les accidents de la route ne sauraient être réduits à de simples chiffres, les qualifiant de véritable « guerre » qui fait chaque année des morts, des blessés et provoque de profondes tragédies humaines, tout en infligeant des pertes considérables à l’économie nationale. Il a estimé que la lutte contre ce phénomène exige une approche globale reposant sur trois piliers essentiels, à savoir la route, le véhicule et le facteur humain, tout en combinant des mesures académiques, éducatives, préventives et répressives, et en veillant à l’application stricte des dispositions juridiques en vigueur.
Il a également indiqué que le ministère public a contribué à l’élaboration du plan national de sécurité routière, notamment en ce qui concerne les comportements dangereux des usagers. Toutefois, malgré les efforts engagés et les programmes de sensibilisation mis en œuvre, les statistiques de l’année 2025, particulièrement en milieu urbain, demeurent préoccupantes et révèlent une hausse notable du nombre d’accidents et de décès.
Le Procureur du Roi a attribué cette recrudescence à plusieurs facteurs structurels et humains, dont le non-respect du Code de la route, l’inattention au volant, l’usage du téléphone portable pendant la conduite, la consommation de substances altérant la concentration, la prolifération des motocyclettes sans port du casque, la diffusion croissante des trottinettes électriques, l’insuffisance ou l’absence de signalisation sur certains axes, le non-respect des passages piétons ainsi que les comportements de conduite dangereux et exhibitionnistes. Il a affirmé que le ministère public poursuivra une approche répressive à l’égard des comportements à risque tout en restant ouvert aux initiatives éducatives et de sensibilisation, notamment auprès des élèves, en coordination avec l’ensemble des partenaires.

Pour sa part, le président du tribunal de première instance de Béni Mellal Abdelhamid El Bahloul a souligné que l’organisation de cette rencontre traduit une prise de conscience institutionnelle de la gravité du phénomène. Il a rappelé que la sécurité routière constitue une responsabilité collective impliquant les autorités, les usagers de la route, la société civile et les établissements d’enseignement. Il a insisté sur la nécessité d’ancrer l’éducation routière au sein des familles, de la renforcer dans les programmes scolaires, de multiplier les campagnes de sensibilisation, d’améliorer les infrastructures et la signalisation, et d’assurer l’application rigoureuse des lois relatives aux accidents de la circulation.
Les échanges qui ont suivi ont permis d’identifier plusieurs pistes d’action, parmi lesquelles la mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs institutionnels, éducatifs, associatifs et médiatiques, le renforcement des campagnes de sensibilisation pour influencer positivement les comportements des usagers, l’intégration des outils d’intelligence artificielle pour améliorer la prévention et le suivi, l’intensification des actions de proximité dans les écoles et les quartiers, la consolidation du rôle de la société civile dans la promotion du respect de la loi, l’amélioration continue de la signalisation et de l’entretien des infrastructures routières, le contrôle accru des motos et des trottinettes électriques ainsi que l’application stricte des sanctions à l’encontre des contrevenants, notamment pour le non-port du casque et le non-respect des passages piétons.
Au terme de cette rencontre, les participants ont conclu que la réduction des accidents de la route ne pourra être obtenue sans un véritable changement des comportements et sans l’instauration d’une culture routière fondée sur le respect, la discipline et la responsabilité collective, parallèlement à la poursuite des réformes structurelles et législatives. Plusieurs responsables judiciaires et institutionnels ont pris part à cette initiative, notamment le président du tribunal de première instance, les substituts du Procureur du Roi, des magistrats, les responsables du greffe et du secrétariat du parquet, un représentant du barreau, le directeur de l’Académie régionale, des représentants du conseil communal et de la wilaya, ainsi que des représentants de la Sûreté nationale, de la Gendarmerie royale, de la Protection civile, de l’agence nationale de la sécurité routière, de l’hôpital régional de Béni Mellal et d’associations de la société civile.
SAID FRIX ALM
