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Entre spiritualité et traditions culinaires : vivre le Ramadan à Béni Mellal

À Béni Mellal, le mois sacré du Ramadan transforme profondément le visage de la ville. Les journées semblent plus calmes, presque suspendues, tandis que les soirées s’animent d’une énergie particulière. Entre spiritualité, solidarité et traditions culinaires, la cité vit au ralenti le jour et s’éveille pleinement à la nuit tombée. A Beni Mellal , pendant le ramadan , l’art culinaire occupe une place centrale au point de devenir un véritable rituel quotidien

Dès les premières heures de l’aube, bien avant l’appel à la prière d’« Al-Fajr », les foyers s’illuminent. Les familles se lèvent pour le « s’hour », ce dernier repas avant le début du jeûne. Dans les cuisines, l’odeur du thé chaud, du pain maison et de l’huile d’olive emplit l’air. Puis, progressivement, le silence reprend ses droits. Chacun regagne son lit ou se prépare pour une courte journée de travail.

Pendant la matinée, les rues du centre-ville, habituellement animées, paraissent étrangement apaisées. Les cafés sont fermés, les commerces ouvrent tardivement et la circulation se fait plus fluide. Les administrations et entreprises fonctionnent à horaires réduits. La chaleur printanière accentue la fatigue des jeûneurs, qui économisent leurs forces. Certains préfèrent rester chez eux, d’autres flânent lentement dans les marchés de proximité pour acheter les ingrédients du ftour.

À mesure que l’après-midi avance, l’activité reprend peu à peu. Les boulangers sortent des fournées de pains chauds, les pâtisseries exposent «  chébakia, briouates et sellou ». Les vendeurs de dattes et de figues sèches attirent les passants. Les odeurs de coriandre, de soupe et d’épices envahissent les ruelles. Chacun se presse pour être prêt avant l’appel du muezzin à la prière d’El Maghrib.

Puis vient l’instant tant attendu : la rupture du jeûne. Quelques minutes avant l’appel à la prière d’« Al-Maghrib », la ville retient son souffle. Les familles se rassemblent autour de la table. À la première note de l’adhan, on rompt le jeûne avec des dattes et du lait, suivis de la traditionnelle harira fumante. Les visages se détendent, les conversations reprennent, la fatigue laisse place à un sentiment de réconfort et de gratitude.

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Après le ftour, Béni Mellal change totalement d’ambiance. Les rues se remplissent, les enfants jouent, les cafés rouvrent, les familles sortent se promener. Les mosquées accueillent les fidèles pour les prières de « Tarawih ». Les places publiques et les parcs retrouvent leur animation jusqu’à tard dans la nuit. Les échanges, les visites familiales et les actions solidaires se multiplient, donnant au mois sacré une dimension profondément sociale.

Ainsi, à Béni Mellal, le Ramadan n’est pas seulement une pratique religieuse : c’est un art de vivre collectif, fait de patience le jour, de partage le soir et d’une solidarité qui rapproche les cœurs.

À Béni Mellal, l’art culinaire occupe une place centrale durant le Ramadan, au point de devenir un véritable rituel quotidien. Dès la fin de matinée, les cuisines s’activent comme des ateliers gourmands. Les mères et les grands-mères perpétuent des recettes transmises de génération en génération. La harira, incontournable soupe aux tomates, pois chiches et lentilles, mijote longuement à feu doux, tandis que « le msemen et le batbout » sont pétris à la main. Sur les tables, les dattes soigneusement sélectionnées, le miel doré et le beurre fermier annoncent déjà la générosité du ftour. Chaque famille apporte sa touche personnelle, mais toutes partagent le même souci d’abondance et de convivialité.

Dans les quartiers populaires comme dans le centre-ville, les odeurs sucrées et épicées s’échappent des maisons et des échoppes. Les pâtisseries artisanales proposent chebakia enrobée de miel et de sésame, « briouates » croustillantes aux amandes, « baghrir » nappés de beurre fondu. Les marchands ambulants installent leurs étals à la tombée de la nuit, attirant les passants par la fraîcheur de leurs produits. Cette effervescence culinaire ne nourrit pas seulement les corps , elle renforce les liens sociaux, car on échange des plats entre voisins, on invite les proches à partager le repas, et la table devient un symbole de solidarité et d’hospitalité propre à l’esprit du Ramadan à Béni Mellal.

SAID FRIX ALM

 

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